Maori (Le Quesnoy)

Histoire

Guerrier maori originaire de Akaroa,ancien comptoir français de Nouvelle-Zélande, la « terre du long nuage blanc »
Il a été réalisé à la demande de la municipalité du quesnoy pour symboliser le jumelage entre les deux pays.
Ce guerrier Maori, porte une chevelure de chêne et de fougère, un tatouage dit « moko » et tire la langue pour impressionner ses adversaires

Cousin par alliance du géant Pierrot Bimberlot, il a souvent entendu parler du Quesnoy. Ses aïeuls lui ont raconté être venus de leur île perdue dans l’Océan Pacifique pour délivrer la ville du joug de l’occupation allemande en novembre 1918. 93 soldats néo-zélandais sont morts pour délivrer Le Quesnoy. Depuis, à l’autre bout du monde, le cœur des « Kiwis » de Cambridge, ville jumelle du Quesnoy, bat toujours pour ce petit bout de l’Avesnois .

 

 



Carte d'identité

Date de Naissance:   2004

Hauteur :4 mètres,

Poids : 67 kg

Mode de déplacement: Portée uniquement

Nombre de Porteurs:  1

Date du Baptême :

Parrain :

Marraine:

Enfant : non

Fabricant du géant :

Propriétaire du Géant : Ville de Le Quesnoy

Gestion du géant : Comité Bimberlot

Site internet : page sur le site de la mairie

Facebook : https://www.facebook.com/bimberlot

Fête traditionnelle le premier dimanche d'août

Photo du géant

Localisation



Fiche du Géant

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Pour aller plus loin

"Au Quesnoy, cent ans de gratitude"
La petite commune du Nord ne ménage pas sa reconnaissance envers les Néo-Zélandais tombés pour la libérer, le 4 novembre 1918
Le Monde | 12.03.2014 à 19h16 | Benoît Hopquin


Bimberlot sommeille dans son costume de Pierrot, sous le porche de la mairie du Quesnoy. Le gentil géant attend le premier dimanche d’août qu’on le réveille et le promène en cortège par les rues, accompagné de la fanfare, des majorettes et des habitants déguisés. « Oh ! Pierrot ! Bimberlot/Rin tin tin Compèr’et loriot/Oh ! Pierrot ! Bimberlot/Rin tin tin Compèr’et loriot », chantera la foule. C’est ainsi dans cette commune du Nord depuis des temps immémoriaux et même avant.
Le héros local n’est pas seul sous le porche. Aux côtés de Bimberlot se trouve un autre personnage, également haut de près de quatre mètres : un guerrier maori tout tatoué et bien impoli. Le grossier tire la langue à ceux qui le regardent : cette tradition du haka n’a pas échappé aux espiègles Nordistes. Une telle irrévérence, voilà qui sied parfaitement à l’esprit du carnaval.
Un ethnologue bégueule trouvera forcément à redire à la représentation que se font les Ch’tis du peuple polynésien. Reste que l’hommage, pour rieur qu’il soit, est sincère. Un siècle après, Le Quesnoy continue de remercier les soldats néo-zélandais qui délivrèrent la ville, le 4 novembre 1918. Et, dans ces entours de Valenciennes, quelle meilleure manière d’honorer une mémoire qu’en la faisant entrer dans la geste carnavalesque ?
Ce 4 novembre 1918, les libérateurs étaient donc venus de bien loin, « de l’autre extrémité du monde », comme le rappelle une plaque apposée dans la ville. Elle a été scellée au sud des remparts de Vauban, là où l’avant-garde mena l’assaut à l’aide d’une échelle de 9 mètres. Dans cette guerre effroyablement moderne, cette méthode moyenâgeuse contribua à mythifier la scène. Elle fut immortalisée en 1920 par le peintre George Edmund Butler, artiste de guerre officiel de la Nouvelle-Zélande. Son tableau montre le second lieutenant Leslie Averill, un étudiant en médecine de Christchurch, grimpant sur l’enceinte, pistolet au poing, suivi par une demi-douzaine d’hommes. L’œuvre figure depuis dans les livres d’histoire de l’hémisphère Sud.
Quatre-vingt-dix Néo-Zélandais moururent devant Le Quesnoy, si près de l’Armistice. Parmi eux, Sydney Allan Murrell, un employé de banque, engagé volontaire en 1914 dans le corps expéditionnaire et enterré dans le cimetière de la ville. Ou Henry James Nicholas, tombé au début de l’offensive, et qui repose à Vertigneul, à quelques kilomètres du Quesnoy et à 20 000 kilomètres de sa terre natale.
Franck Bruyère, 43 ans, professeur d’histoire au collège du Quesnoy, a consacré un livre à ce dernier (Henry James Nicholas, Mon Petit Editeur, 180 p., 19 €). Arrière-petit-fils d’un « poilu » disparu au lieu-dit de Bagatelle (Marne), en juin 1915, dont la femme chercha désespérément la trace après la guerre, cet enfant du pays s’est naturellement intéressé au rôle des soldats « kiwis ». Au fil des archives, l’enseignant s’est mis aux basques de Nicholas, ouvrier engagé en 1916, sergent qui se vit remettre la Victoria Cross pour fait de bravoure. Il l’a suivi de Lincoln, près de Christchurch, jusqu’à Vertigneul. « En racontant son histoire, je racontais celle de la Nouvelle-Zélande », explique l’auteur.
Le 23 octobre 1918, les Néo-Zélandais arrivent à Beaudignies, dernière commune avant Le Quesnoy. Dans la dernière portion de route, le Sergent Nicholas, boxeur amateur de Christ Church dans le comté de Canterbury, au sud de la Nouvelle-Zélande, meurt sous les balles d'une escouade de reconnaissance allemande. Son frère Ernest rentrera le 4 novembre au Quesnoy. Aujourd'hui la route porte son nom....

Près de 100 000 hommes, 10 % de la population totale, seront envoyés en France et en Belgique et 18 000 y laisseront la vie.
Le Quesnoy est la première victoire retentissante de cette jeune histoire. Fortement défendue, la ville est finalement conquise et 2 000 Allemands sont faits prisonniers. Le 10 novembre, le président Poincaré viendra en personne saluer l’exploit. « La prise du Quesnoy, dans l’immensité de la guerre et au milieu des millions de morts, ce n’est rien, dit Paul Raoult, sénateur et maire de la commune. Mais c’est un peu le Valmy des Néo-Zélandais. »


UN LIEN FORT ENTRE LE PAYS NAISSANT ET LA COMMUNE DU XIIe SIÈCLE

 

« Tous les Néo-Zélandais ont des ancêtres qui ont fait la guerre en Europe », ajoute Marie-José Burlion, responsable de l’association Le Quesnoy-Nouvelle-Zélande, qui compte une soixantaine de membres. Alors, aujourd’hui, les habitants de l’archipel sont de plus en plus nombreux à venir, en touristes cette fois. Ils sont 800 par an à pousser la porte de l’office de tourisme. Hélène Hatton et ses collègues ont appris à les reconnaître à leur carrure, à leur accent ou à la fougère qu’ils portent en emblème sur leurs vêtements. Ils débarquent de Londres, Paris ou Bruxelles. « Dans leur tour d’Europe, ils nous consacrent une journée », explique la jeune femme.
La famille d’Hélène Hatton est du cru. Son arrière-grand-père, Jules, a transmis la mémoire de l’occupation allemande qui a commencé dès 1914. « Elle fut moins dure qu’en 1939-1945. » Les habitants souffrirent cependant de privations et devaient être munis d’un Ausweiss pour circuler.
Le Quesnoy doit son nom à une déformation du mot chêne, une essence qui peuplait encore la région au début du XXe siècle. Mais, en 1918, la forêt de Mormal, le plus grand massif du département du Nord, avait disparu, les arbres ayant servi à étayer les tranchées allemandes. Quand les Néo-Zélandais ont repris la ville, elle ne comptait plus que 1 500 habitants sur les 5 000 d’avant-guerre. Les autochtones firent grande fête à ces braves venus du diable vauvert. Le lien ne pouvait que rester fort, par-delà les mers et les décennies, entre le pays naissant et la commune du XIIe siècle.
Franck Bruyère se souvient d’une visite des All Blacks en 1991. Amateur de rugby, il avait voulu faire dédicacer son ballon et avait essuyé des refus embarrassés. « Ils étaient là pour se recueillir et non pour faire leur promotion. » Interrogée sur l’instant où elle s’était sentie la plus fière d’être néo-zélandaise, la championne olympique de cyclisme Sarah Ulmer ne cita pas le podium d’Athènes en 2004, mais sa visite privée au Quesnoy, cinq ans plus tard.
La cité libérée ne ménage pas sa reconnaissance, et pas seulement en offrant un compagnon de promenade à Bimberlot. Dès 1923, elle a concédé une portion de terrain à la Nouvelle-Zélande, transformé en un parc fourmillant de plantes importées. En déambulant, on découvre une avenue des Néo-Zélandais, une place des All Blacks, une rue Helen-Clark (ex-première ministre de l’archipel), une rue au nom du chanteur Graeme Allwright et même une rue Aotearoa (« le pays du Long Nuage blanc », nom maori de la Nouvelle-Zélande). En 1977, quatre ans avant sa mort, l’officier qui mena l’assaut, Leslie Averill, était revenu inaugurer une école à son nom.
Un circuit de mémoire retraçant les principales étapes de la bataille a été mis sur pied. Chaque 4 novembre est organisée une veillée aux flambeaux et chaque 25 avril, une délégation néo-zélandaise se rend dans le Nord pour l’Anzac Day, jour de commémoration de la bataille de Gallipoli, qui eut lieu à l’entrée du détroit des Dardanelles, en 1915.
Avec l’approche du centenaire, Franck Bruyère et Laurence Tep, professeur d’anglais, ont mis en place un programme original pour les troisièmes, utilisant la pédagogie informatique. Chaque élève se mettra dans la peau d’un soldat néo-zélandais et tentera de faire vivre son avatar numérique. « Une manière d’entretenir la mémoire auprès des nouvelles générations », explique Franck Bruyère.


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© R.CARTON et J-D FAUCQUENOY pour la Fédération des Géants du Nord de la France Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle interdite, loi du 11 mars 1957 sur la protection des droits d'auteur.